Le film Joker de Todd Phillips est un film malin : Il raconte l’histoire banale d’un sociopathe qui vit chez sa mère, gribouille bizarrement sur des découpages de Playboy dans son journal intime. Il finit par tuer ceux qui se foutent de sa gueule, qui lui mentent ou le trahissent, vu qu’on ne lui délivre plus d’anxiolytiques. Juste un gars bizarre qui devient roi des fous.

Cela permet d’essayer de se positionner dans le cercle des Tim Burton, Sam Raimi et Christopher Nolan en faisant croire à de la création cinématographique de contrebande dans l’univers d’un comics sans pour autant en reprendre tous les éléments. Même si les décors, le cadrage, la photographie et le métier des acteurs assurent la qualité du produit cinématographique, cela n’en fait pas un film exceptionnel pour autant.

Pour mieux créer la hype, on surnomme le personnage principal Joker, on le rattache de manière capillotracté à l’univers de Batman : le décalage d’age entre lui et Bruce, le personnage d’Alfred pas très affûté pour un ancien soldat instructeur au MI5  qui, théoriquement, est formé pour briser les poignets de l’importun qui s’approche de trop prêt du portail de la résidence Wayne.

Pour coller à l’air du temps, Thomas Wayne est fatalement un sale con de financier mondialiste.

On respecte la scène de l’assassinat des parents du jeune Wayne par un tueur portant un masque de clown et on on se dit que ça passera. Après tout, dans la version de 1989 de Tim burton, le tueur Jack Napier deviendra le Joker.

« Expliquer c’est déjà vouloir un peu excuser. »

Le lien lointain avec Taxi Driver concernant l’émancipation du personnage principal est renforcé par le casting de De Niro et certaines scènes peuvent évoquer aussi La Valse des Pantins du même Scorsese .

Mais Travis Bickle constatait la décomposition de la société et considérant les politiques incompétents, avait trouvé un sens à sa vie en sauvant une jeune prostituée. Son acte de vengeance avait fait de lui un héros, névrotique, mais un héros quand même.

Tandis que Arthur Fleck organise juste une vendetta personnel et devient, à son corps défendant, le symbole de la lutte finale. Il répète en bon professionnel son passage dans un Talk Show populaire pour s’assurer ses “15 minutes de gloire” posthume qui deviendra en fait l’étape du basculement définitive de sa santé mentale.

Ça lorgne du coté des films urbains des années 70 et le tout est saupoudré d’une vague dimension sociale. Le film se laisse voir même s’il y a un peu d’imposture et que d’aucuns crient un peu trop fort au chef d’oeuvre. Pennywise revient ! Les clowns sont devenus fous.